Entrevue avec Cédric Paquet du groupe Bronko

Article : Annabelle Lacroix

Le duo pop-folk Bronko, formé de Cédric Paquet et de Simon Therien Dubois, est arrivé  dans le paysage musical québécois comme un vent de fraîcheur. Leur tout premier extrait radio Je regrette rien est resté en première position du Top 25 pop-rock au BDS pendant 5 semaines consécutives. Espace Country a eu le plaisir de s’entretenir avec Cédric afin d’en apprendre davantage sur leur carrière et sur leurs projets à venir.

Tout d’abord, où vous êtes-vous rencontrés, Simon et toi? 

Ça fait longtemps! On jouait au soccer quand on était petits. On était dans les « Tim Bits », ça s’appelait comme ça dans la ville de Terrebonne. Après, on s’est perdu de vue. On s’est revu au secondaire et depuis ce temps-là, on joue de la musique ensemble. Et le duo s’est créé par la suite.

À quel moment avez-vous décidé d’amener votre duo encore plus loin et d’en faire un projet professionnel?

Y’a pas vraiment eu de déclic précis. Ça a été sur un coup de tête! On a texté David Jalbert juste pour aller lui montrer notre musique et il a vraiment aimé ça. Deux semaines plus tard, on signait un contrat de disque avec lui. C’est un coup de chance. Mais en même temps, il nous a toujours dit que ce n’était pas vraiment de la chance parce qu’on avait le talent.

Connaissiez-vous David Jalbert avant ce moment-là ou pas du tout?

Simon le connaissait déjà un peu avant parce que David était son idole. Moi, je le connaissais surtout à cause de ses succès « Souvenirs d’enfance » et « P’tit homme ». Simon l’avait déjà texté quelques fois avant, mais il n’avait jamais le temps. Cette journée-là, par contre, il avait le temps! Et j’étais avec Simon en plus. Ça a bien adonné! Ha ha!

Justement, comment s’est passée votre première rencontre?

Cette rencontre-là, elle est un peu drôle! On arrive chez eux, on cogne, on sonne et personne ne répond. On se demande il est où… Soudain, on entend crier : «  Je suis en arrière! Venez-vous en les boys! » On s’en va le rejoindre et il était en train de faire son set de patio. On l’aide un peu jusqu’à temps qu’il commence à mouiller. On rentre à l’intérieur, on sort les guitares et on commence à jouer. David regarde sa blonde et lui dit: « Me semble que c’est bon en tabarouette ça! » Et sa blonde était bien d’accord. On a gardé contact et deux semaines plus tard, on signait le contrat de disque.

Comment vous sentiez-vous après la rencontre?

On capotait! On était fiers parce que ça fait des années qu’on joue et on ne savait pas qu’on avait le talent pour aller plus loin. Il fallait juste qu’on aille un petit coup de pied! Et David nous a donné un gros coup de main, ça n’a pas de sens.

J’étais vraiment fier de moi! C’est un rêve d’enfance qui se réalise. Quand on est sorti, on s’est serré dans nos bras et on a pleuré comme des bébés encore!

Dans un autre ordre d’idées, d’où vient votre nom de groupe « Bronko »?

C’est David qui a trouvé le nom officiellement. Mais j’y pensais un peu avant parce que, en premier lieu, le quartier Bronco à La Plaine, c’est là où Simon et moi avons grandi durant notre secondaire. Aussi, un bronco, c’est un cheval qui est indompté à l’âge adulte et qui décide de partir pour faire sa propre vie tout seul. Cette image fit bien avec nous autres. On a changé la lettre « c » pour le « k » pour se différencier.

En tant que duo, comment fonctionne votre dynamique de création?

Quand j’écris des chansons, je suis souvent seul et j’écris quand je ressens des choses. Par exemple, si j’ai un gros coup de tristesse, je vais écrire une chanson là- dessus. J’ai mon enfant qui est né il y a trois mois et là, je suis en train d’écrire une chanson. Pour créer, je m’inspire plus de mes histoires personnelles que d’histoires que j’invente dans ma tête. C’est vraiment des faits vécus. Chaque chanson que j’écris, ça parle au « il », mais c’est comme si je me parlais à moi.

Par la suite, avec Simon, comment se passe le travail?

Après, avec Simon, on se consulte pour qu’il mette sa touche à lui aussi. Il a plus de difficulté à écrire des chansons complètes, donc je l’aide un peu pour écrire ses chansons. Il met aussi sa touche sur mes chansons. Ensuite, David nous aide pour la structure.

Y’a aussi mon frère Marc-André Paquet qui travaille avec nous. Il corrige les textes. Il nous aide aussi beaucoup pour la promotion sur les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram. […] Pour l’album, c’est Jeff Grenier qui s’occupe du mix et de la réalisation. C’est un excellent réalisateur! 

Vous avez lancé votre premier extrait « Je regrette rien » en 2019. Depuis sa sortie, la chanson joue en boucle à la radio. Comment as tu réagi la première fois que tu as entendu votre chanson à la radio?

J’ai pleuré!! On était à Rythme FM 105,7 et c’était notre première entrevue à la radio David était plus loin et il filmait pour les réseaux sociaux. Il y avait Marie-Ève Janvier, Sébastien Benoit et Alexandre Barrette : trois noms que j’aime beaucoup! Et là, quand la chanson part, Marie-Ève Janvier nous regarde et elle nous dit : « Qui chante? » Je dis que c’est moi… Et elle me fait un signe de la tête pour dire : « Wow tu chantes bien! » J’étais vraiment fier de moi! C’est un rêve d’enfance qui se réalise. Quand on est sorti, on s’est serré dans nos bras et on a pleuré comme des bébés encore!

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À ce moment-là, comment avez-vous vécu ce succès?

On a bien pris ça parce que tout de suite, on a eu de la demande pour des spectacles. Donc, ça a fait du bien de savoir que des gens nous voulaient en spectacle. […] Mais, je ne sais pas comment expliquer ça. C’est un genre de joie qui ne s’exprime pas. C’est trop grand. C’est de la fierté, mais c’est plus que ça. À n’importe quelle autre job que j’ai eu, par exemple, quand tu fais quelque chose de bien, y’a ton boss qui va te donner un petit supplément sur ta paye ou quelque chose comme ça. Jamais y’a 2600 personnes qui vont venir te dire : « Bravo! C’est super bon ce que vous faites! » Ça fait du bien de savoir que des gens aiment ce que tu fais.

Votre nouvel extrait « Accroche-toi » a été lancé au début du mois de février en lien avec la semaine de la prévention du suicide. Le texte de cette chanson est d’ailleurs très touchant. Pourquoi est-ce important pour vous de vous associer à cette cause-là?

C’est important parce que j’ai déjà fait une grosse dépression. Même que je suis encore dedans parce qu’on a toujours des séquelles de ça. La séparation de mes parents a beaucoup joué là-dedans. Je ne voyais plus mon père et j’avais besoin de lui. C’était à l’adolescence et c’est le moment où tu as le plus besoin de ton père et de tes deux parents. Ça m’a déboussolé. C’est pourquoi j’ai écrit « Accroche-toi ». Aussi, je voyais ma blonde qui n’allait pas vraiment bien. Je lui disais toujours : « Accroche-toi à ce que tu aimes, à ce que tu as, à tes rêves, à tout ce que tu veux. Mais ne pars pas. »

Vous avez également fait un live Facebook le 13 février dernier avec David Jalbert en collaboration avec la Maison des jeunes de Saint-Esprit. Vous avez réussi a amasser plus de 2000$ pour la prévention du suicide. Comment s’est passée la soirée? 

On a réussi à amasser 2036$ avec  un live de 700 à 800 personnes! C’est un beau montant, j’étais vraiment fier de moi. David nous a proposé de le faire dans son studio à la toute dernière minute pour avoir accès à des bons micros et tout le kit. Aussi, le live nous a permis de nous montrer un peu parce que, quand on rencontre quelqu’un et qu’on dit qu’on est Bronko, il ne nous reconnaît pas. C’est quand on lui chante « Je regrette rien » qu’il nous replace! On travaille là-dessus beaucoup. 

C’est grâce à la chanson « Accroche-toi » que la maison des jeunes m’a écrit directement. Au début, j’étais juste supposé faire une petite vidéo avec une ou deux chansons accompagnées d’un petit message. Mais je me suis dis que je voulais aller encore plus loin parce que ça me tenait à cœur. Ça a donné un meilleur résultat que ce à quoi je m’attendais!

Vous êtes actuellement en période d’écriture pour votre prochain album. Quelles seront vos inspirations?

Ce deuxième album va s’inspirer beaucoup de ce qu’on vit en ce moment. Il y a mon enfant qui vient de naître et la COVID qui me donnent beaucoup d’inspiration pour écrire des chansons! Mais ce qui va m’inspirer le plus, ce sera sûrement les rencontres que je vais faire dans les prochains temps. Récemment, j’ai commencé à faire des Live sur Instagram en faisant des covers. Je vais rencontrer beaucoup d’artistes et je pense que ça va me faire du bien de voir du monde! Ha ha!

Quel est votre plus grand rêve professionnellement?

Ce n’est pas une question évidente! Ce qu’on aimerait, c’est que le public nous reconnaisse pour nous et pas seulement pour notre musique. Je veux qu’on soit plus présent. Ce n’est pas un rêve nécessairement, mais c’est quelque chose qu’on doit travailler. 

Mais le rêve, c’est vraiment de faire LE hit qui nous ferait monter. C’est le rêve de tout artiste! Mais c’est sûr qu’il y a beaucoup d’étapes avant ça. Tu travailles, tu écris, écris, écris et un moment donné, sans le savoir, bien c’est cette chanson-là qui va donner le résultat espéré.

QUESTIONS EN RAFALE

De quoi t’ennuies-tu le plus depuis le début de la pandémie?
De voir ma famille. 

De quoi es-tu le plus fier dans ta carrière de musicien?
De la chanson « Je regrette rien ». 

Quel est le plus beau moment de ta carrière?
Notre premier spectacle au 2 Pierrots. C’était une soirée extrêmement belle! C’était malade!
Y’a aussi le succès de « Je regrette rien ». 

Quelle chanson ne te lasseras-tu jamais d’écouter?
« Yesterday » des Beatles. 

Décédé ou vivant, avec qui rêves-tu de monter sur scène?
Dédé Fortin. 

Qu’est ce qui te rend le plus heureux?
Mon petit garçon! 

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter pour la suite?
Que le deuxième album pogne! Ha ha! Aussi, qu’il soit encore meilleur que le premier, mais ça, c’est sûr et certain!

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